Quand les petits gestes deviennent révolution…
Depuis l’annonce du budget 2026 du gouvernement Bayrou, une grogne massive s’est installée dans l’Hexagone. En cause : un sentiment d’injustice fiscale et sociale porté à son paroxysme. Les propositions présentées viennent affaiblir un système social déjà fortement fragilisé par les années de macronie. Ces mesures, véritables affronts aux classes populaires, visent directement les portefeuilles des plus démunis alors même que l’inflation a déjà largement entamé le pouvoir d’achat de la majorité des citoyens.
« C’est ici, dans nos villages et nos bourgs, que le changement peut s’ancrer. »
Durant l’été 2025, un mouvement populaire inédit a vu le jour : Bloquons-tout. Officiellement « éclos » le 10 septembre, nous espérons qu’il s’inscrira dans la durée. Son objectif : mettre en lumière un système qui ne permet plus aux citoyens de « bien vivre » et qui pousse jusqu’à l’absurde une logique de profit menant inévitablement à l’effondrement du vivant – humain, animal ou végétal. Dans son sillage, Ya Basta prolonge cet élan au cœur du Volvestre : action après action, le collectif porte un soulèvement populaire local et fait naître un sentiment de responsabilité partagée sur le territoire. C’est ici, dans nos villages et nos bourgs, que le changement peut s’ancrer.
Ya Basta reprend et amplifie les mesures initiées par « Bloquons-tout ». Retirer son argent des banques. Payer en liquide pour que les transactions qui engraissent habituellement les établissements financiers leur échappent. Déserter autant que possible les centres commerciaux. Préférer les petits producteurs pour les fruits, légumes, œufs et faire connaître ces commerçants autour de soi, pour que le mouvement se répande de famille en famille, de voisin en voisin, de quartier en quartier. Enfin, signer et partager les pétitions sur le site de l’Assemblée nationale qui défendent nos droits et rappellent que la démocratie ne se gouverne pas sans le peuple.
« Ces actions (…) sont peut-être notre propre marche sur Versailles. »
La nomination de Sébastien Lecornu démontre, s’il était encore possible d’en douter, que notre démocratie s’ensevelit chaque jour un peu plus sous l’ultralibéralisme de prétendues élites, qui n’ont plus de l’élite que le nom et auxquelles nous continuons d’accoler par tradition un prestige qu’elles ne méritent plus.
Ces actions, qui peuvent sembler modestes, sont peut-être notre propre « marche sur Versailles ». Chaque pas, chaque geste, chaque choix de consommation a le pouvoir d’irriter, de faire douter et, peut-être, de faire vaciller le château de cartes depuis lequel les gouvernements Macron successifs ont pris des décisions contraires à l’intérêt national. Puisqu’il faut bien commencer quelque part, commençons ici, dans le Volvestre.
Peu coûteuses pour le citoyen – si ce n’est en temps et en énergie – ces actions sont généralisables, extensibles et durables, à l’inverse des politiques écologiques actuelles. Ne nous privons pas de rappeler aux « grands » de ce monde que tout a un début et une fin ; qu’aucune situation, aussi profitable soit-elle pour eux, ne peut perdurer indéfiniment ; et que le peuple – cet obscur objet de leur dédain – n’est pas pressurable à l’infini.
En un mot : faisons-leur savoir que la fête est finie.
